Comment le désir se construit-il ? Comment les représentations de la sexualité façonnent-elles nos fantasmes ? Être le père d’un bâtard part de l’aveu d’une honte, celle d’éprouver du désir pour des situations de violences exercées par des hommes sur des femmes. Comment condamner la violence et la désirer ? Inspirées d’histoires vraies, trois adolescentes guident l’enquête pour analyser ce paradoxe. Elles sont convoquées, racontées, interpellées, mises à témoin et aident la protagoniste à dénoncer les mécanismes de violence agissants jusque dans son corps et dans ce qu’elle a de plus intime : son désir.
Après le sacre de Troie, Didon, reine de Carthage, accueille le jeune prince troyen Énée à la recherche d’une nouvelle terre pour les siens. De leur rencontre naît une passion folle, mais, contraint par les dieux de poursuivre sa destinée – la fondation de Rome – Énée délaisse Didon, dévastée par le chagrin. Incapable de surmonter la perte de cet amour pur, Didon se suicide, maudissant Énée, et prophétisant ainsi la rivalité éternelle entre Rome et Carthage.
Dans une chorégraphie pleine d’allégresse et de fantaisie, magnifiée par la musique d’Henry Purcell, Blanca Li met l’émotion au centre de ce Didon et Énée. Blanca Li adapte pour un ballet de dix interprètes l’unique opéra d’Henry Purcell, Didon et Énée. Sur l’enregistrement des Arts Florissants de William Christie, elle déploie toutes ses ressources de chorégraphe et de grande faiseuse d’images pour incarner sur le plateau cette tragique histoire d’amour empêchée.
Un beau travail de troupe au service du message humaniste de Victor Hugo, dans un dosage subtil de romantisme et de farce. Avec Ruy Blas, Victor Hugo compose le drame romantique par excellence ! Tout y est : amour, trahison, pouvoir, pureté, cynisme, les ingrédients sont réunis pour un intense panel d’émotions, qui flirte, sans jamais y tomber, avec le mélodrame.
Stephan Eicher a toujours voulu faire du théâtre. Un jour il a parlé de ce souhait à un directeur de théâtre en Suisse, son pays natal, qui l’a mis en relation avec François Grémaud, metteur en scène bien connu pour ses mises en scène subtiles et délicates. Du coup, ils ont fabriqué ce spectacle un peu OVNI, qui permet de découvrir un Stephan Eicher intime, loin du folklore lié au rock et au gros son.
Face aux murs nous plonge au cœur d’une révolte intérieure, racontant ces instants de vertiges et de doutes que l’on peut vivre face aux autres, ou parfois face à soi-même. Un récit qui se veut optimiste sur les capacités de l’homme à s’adapter, se dépasser, à recommencer et à se réinventer. Six acrobates se retrouvent sur un grand mur en plexiglas entouré de deux trampolines. Parfois témoin, parfois acteur de ces désirs et de ces doutes, cette petite humanité part à la découverte de ses parts d’ombres et de son courage enfoui.
L’objectif est simple et ambitieux à la fois : donner à entendre, à voir et à comprendre l’entièreté du roman Madame Bovary, de sa première à sa dernière page. Avec un parti pris radical : en dehors d’un travail de coupes qui permet de concentrer le roman en trois heures de spectacle, le texte du roman n’est pas adapté pour la scène, mais au contraire donné tel quel, y compris avec ce qui en lui ne fait pas théâtre a priori (les descriptions, les passages à l’imparfait, l’analyse psychologique, le discours indirect libre, etc). A la fin, c’est bien du fameux”style” de Flaubert qu’il s’agit de faire théâtre.
Au plateau, Hugo Mallon et ses complices, créatrices et créateurs techniques (scénographie, son, lumières, costumes, vidéo), musicien live, comédiens et comédiennes, élaborent un spectacle total, qui mélange lecture, scènes dialoguées, jeu épique, vidéo en direct, évènements scénographiques et musique live, pour mieux donner à voir en direct l’onde de choc provoquée par la mise au présent de cette oeuvre révolutionnaire dans l’histoire de l’art.
De la ferme des Bertaux à Tostes, d’Yonville à Rouen, de son mari Charles à ses amants Rodolphe et Léon, en passant par le pharmacien Homais, le marchand Lheureux et le curé Bournisien, le spectacle nous plonge dans le monde d’Emma Bovary. Il nous met face à la division intime qui déchire ce personnage mythique, entre son aspiration à un idéal de vie heureuse tel qu’il est vendu par les livres et les images, et la réalité de sa vie subie dans le modèle de société bourgeois, patriarcal et capitaliste qui se structure au milieu du 19e siècle et que nous avons reçu en héritage.
Le texte réécrit par Joël Pommerat, librement inspiré de la pièce de Pagnol, travaillé en collaboration avec Caroline Guiela Nguyen et Jean Ruimi à la Maison Centrale d’Arles, nous touche au cœur. Ce Marius plonge ses racines dans le Marius de Marcel Pagnol. Mais, par une série de glissements, Joël Pommerat en réactualise les enjeux. Tout d’abord, si l’action se déroule toujours à Marseille, César ne tient plus le café originel, mais une boulangerie-sandwicherie. Fanny travaille dans un salon de coiffure et Panisse possède des magasins de scooter. Mais ces transpositions ne trahissent en rien le texte.
Le travail chorégraphique de Sylvère Lamotte cherche à éprouver le corps et ses limites. Que peut le corps ? Au fil de ses créations, sa réponse est une découverte émerveillée du déploiement des possibles magnifié par la danse, bien au-delà des apparences et des questions sur l’empêchement, le handicap ou l’immobilité.
Œuvre majeure du XXe siècle, très injustement méconnue, le formidable Concerto pour violoncelle de Samuel Barber (1945) brille de tous ses feux virtuoses sous l’archet du jeune soliste luxembourgeois Benjamin Kruithof. Au même programme, l’éloquente évocation picturale de la compositrice britannique Judith Weir (née en 1954) pique notre curiosité, cela avant de retrouver le grand musicien américain dans son célébrissime et toujours émouvant Adagio pour cordes…
Pour retrouver le goût de l’enfance perdue, Peter Pan saute par la fenêtre d’une chambre vide, celle de Wendy, morte de vieillesse, qui n’est plus là à l’attendre. Il nous invite à le suivre dans son inconscient, vers une île intemporelle : le pays du Jamais. Tout au long du voyage clownesque, le personnage réalise qu’il a vieilli, jusqu’à un combat final entre lui et lui-même.